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Actes du colloque 2001
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Les Origines de la franc-maçonnerie : Trois Approches.

Renaissance Traditionnelle N°129 janvier 2002 - Auteur Antoine FAIVRE Note sur l’article par PV.

Cette communication fut présentée le 24 février 2001 à la loge de recherche Ars Macionica. Lors du colloque de Renaissance Traditionnelle en 2001 Les confé-renciers Pierre Mollier, Roger Dachez, Charles Porset, Antoine Faivre, Bernard Dat, Gérard Gefen, Alain Bauer, Pierre Lassalle, Michel Brodsky ont débattu, pour nous présenter les approches possibles et historiques de l’histoire de la FM. L’allocution de Roger Dachez porta « sur le légendaire Maçonnique qui pose le problème de l’histoire maçonnique, les rapports entre l’histoire et la légende, entre le mythe et la réalité. » Ils nous proposent par leurs débats : 1. L’approche empirico-critique du passé maçonnique. 2. L’approche mytho-romantique de l’histoire maçonnique. 3. L’approche universalisante. 1. L’approche empirico-critique du passé maçonnique. Cette approche n’appelle pas un long développement. Elle est suivie par des Maçons comme John Hamill, qui écrivent sur la franc-maçonnerie, pas en tant que telle, mais en tant que maçons qui ont vécu une expé-rience et communiquent comme ayant vécu une expérience sur le symbolisme et l’initiation. Ils se contentent de satisfaire à une expérience du point de vue scientifique au même titre que les historiens non initiés. Jusqu’au XIXème, il fleurissait des historiographes qui reflétaient les débats ou les polémiques entre les différents acteurs de la société, maçons, anti maçons, églises, etc. Cette approche c’est considérablement développée en qualité au XIXème avec l’apparition des loges de recherche (ex : Ars Quatuor Coronati en 1887), ce développement c’est précisé dans les quarante dernières années du XXème. Roger Dachez dans la suite de Knoop et Jones en 1947 a écrit que l’histoire de la maçonnerie a été trop souvent traitée comme si elle était séparée du domaine ordinaire, alors qu’elle devrait être étudiée de la même manière. 2. L’approche mytho-romantique de l’histoire maçonnique. Le livre des constitutions parues en 1723 présente une histoire légendaire qui remonterait à Adam et au jardin d’Eden. Cette légende a trouvé de la force puisqu’elle était reprise par la suite à partir de 1735 dans les œuvres de William Preston, elle fut éditée jusqu’en 1861 et traduite dans de nombreuses langues. L’idée générale mêle la légende et l’histoire réelle, elle est in-fluencée par la théorie de la continuité entre la maçonnerie opérative et spéculative. Une histoire secrète serait derrière les apparences et l’histoire de l’humanité serait soumise à une tradition invisible qui serait traduite au travers des différentes philosophies et religions. Mircea Eliade prend cet exemple : seuls les acteurs sont capables de comprendre la pièce derrière le rideau tandis que les spectateurs ne voient rien derrière ce même rideau. De nombreuses maçonneries ont intégré un certain nombre de tradi-tions, comme certitudes de transmission d’antiques sociétés tradition-nelles (Templier, Tradition Egyptienne, les Esséniens etc). 3. L’approche Universalisante. Le troisième titre consiste à considérer l’histoire comme un réservoir d’images à caractères universelles où on peut puiser. Ici la question de la transmission ou de la transition importe peu. Elle aime trouver des ressemblances avec toutes les traditions du monde. Etrangères ou judéo-chrétiennes comme l’alchimie, et même une société passée venue des étoiles pour transmettre les bases de la culture au temps de Noé et du déluge. 4. Trois espaces de polémique. 1. Le maçon historiographe empirique est rejeté par les mytho-romantiques et qui défendent l’idée d’un symbolisme universel car cela détruirais le mythe maçonnique. 2. Le maçon mytho-romantique ancre la maçonnerie dans une histoire mythique en dehors des historiens empiriques et des universalistes qui privent la maçonnerie de son mythe qui lui confère un sens et une tradition symbolique. 3. Avec le chapeau de l’universaliste, on s’en prend aux historiens purs qui ne voient qu’une succession verticale objective sans âme. Elle n’est pas très importante pour la dimension métaphysique et spatiale du mytho-romantique. C’est la réalité des ressentis et des symboles qui compterait pour l’humanité. C’est la recherche des origines, des mystères occultes ou de la nature qui révèlerait l’homme. Conclusions : La maçonnerie est composée d’un peu des trois points d’un triangle qui appellent trois remarques sur celle-ci. 1. Elle a besoin de bons chercheurs. 2. Pourquoi distinguer l’histoire objective de l’histoire générale ou de la mythique ? 3. Les rituels demandent de construire son temple intérieur, et renvoient à ouvrir son esprit et à s’approprier le symbolisme qui est un phénomène universel. La maçonnerie n’est pas tout d’une pièce et pour exister, elle a besoin des fructueuses tensions qui la compose.

Écrit par P.V..